MOUSTIQUAIRES IMPREGNEES: La distribution en septembre PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 03 Août 2010 02:28

Docteur Amédée Prosper DjiguemdéLancée le 12 juillet 2010 à Nanoro dans le Boulkiemdé, la campagne de distribution gratuite des moustiquaires imprégnées est beaucoup attendue par les Burkinabè. Chaque citoyen espère disposer d’une moustiquaire pour éviter les piqûres des moustiques, principalement l’anophèle femelle, agent vecteur du paludisme. Pour en savoir davantage sur cette opération, nous avons rencontré le Directeur régional (DR) de la Santé du Centre, le docteur Amédée Prosper Djiguemdé.

Nous avons aussi abordé avec lui d’autres sujets relatifs à l’évolution du paludisme et les actions de lutte contre cette pathologie qui constitue la première cause de décès au Burkina.

"Le Pays" : Quel est l’état des lieux du paludisme au Burkina ?

Dr Amédée Prosper Djiguemdé : Au Burkina et particulièrement dans la région du Centre, à l’instar des autres régions, le paludisme constitue le premier motif de consultation, d’hospitalisation dans les formations sanitaires et la première cause de décès. Environ 50,50 % des cas qui se présentent dans les centres de santé sont des cas de paludisme. Sur l’ensemble du territoire national, plus de 4 539 984 cas de paludisme ont été enregistrés en 2009, avec malheureusement 7982 cas de décès. Sur l’échiquier national, 45% des motifs de consultation sont liés au paludisme. C’est dire que cette pathologie constitue un problème de santé publique pour nos centres.

Comment évolue le paludisme ces dernières années au Burkina ?

Il faut dire qu’avec tous les efforts en matière de lutte contre le paludisme, il y a certes une baisse progressive des cas mais le paludisme constitue toujours la première cause de décès dans les formations sanitaires. Et malheureusement, les plus touchés sont les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes avec tout le corollaire en matière d’avortement, de mort-nés, etc. Mais avec toutes les recherches qui se mènent sur le plan national et international, il y a des lueurs d’espoir. Ces dernières années, il y a des idées novatrices en matière de lutte contre le paludisme pour réduire de façon significative les cas de cette maladie.

Quelles sont les actions entreprises au Burkina pour lutter contre le paludisme ?

Notre politique, le Protocole national de lutte contre le paludisme, a été révisé avec l’introduction des ACT qui ont été subventionnés par l’Etat pour rendre facile leur accessibilité aux populations, étant donné que le paludisme constitue le premier motif de consultation. Plusieurs stratégies de lutte contre le paludisme ont été entreprises et mises en oeuvre au Burkina. On a la prise en charge correcte des cas de paludisme. Au niveau communautaire, toute personne, tout sujet présentant un cas de paludisme bénéficie d’une prise en charge de qualité. Ces traitements sont administrés par des agents communautaires qui ont été formés à cet effet. On a également une stratégie qui est relative à la prévention à travers l’utilisation des moustiquaires imprégnées à longue durée d’action, les MILDA. Il y a une prévention également chez les femmes enceintes. Nous leur administrons des sulfadoxine pyriméthamine pour éviter qu’il y ait des complications, des avortements, des mort-nés, etc. Il y a autres stratégies qui concernent l’assainissement. Il s’agit du traitement des sites larvaires, la pulvérisation intra domiciliaire. D’autres stratégies sont relatives au vaccin dont le niveau d’opérationnalisation est beaucoup avancé du côté de Nanoro.

Quels sont les conseils que vous avez à l’endroit des populations pour leur permettre de mieux lutter contre le paludisme ?

Je conseille aux populations de dormir sous des moustiquaires imprégnées, de lutter contre l’insalubrité, de faire en sorte que l’hygiène puisse régner autour de notre cadre de vie. Je leur conseille également de se faire consulter précocement dès l’apparition de certains symptômes tels que les céphalées, la fièvre, etc. Pour éviter que l’on évolue vers des situations gravissimes. Des situations qui conduisent les gens vers les formations sanitaires et qui sont malheureusement des cas de paludisme graves pouvant entraîner des décès.

Le 12 juillet 2010 a eu lieu le lancement de la campagne de distribution gratuite des moustiquaires imprégnées. Où en est-on avec cette campagne ?

Il faut savoir qu’une opération d’une telle envergure nécessite des préparations préalables afin de connaître un succès. L’objectif de cette campagne est de permettre à 80% de Burkinabè de bénéficier d’une moustiquaire et de pouvoir dormir sous celle-ci. Après le lancement de la campagne le 12 juillet 2010 à Nanoro, nous avons mis en place un comité régional qui est dirigé par le gouverneur du Centre, El Hadj Boureima Bougma. Il y a une planification liée à la mise en oeuvre de l’activité par la formation de l’ensemble des superviseurs et des formateurs au niveau des districts et du monde communautaire. Actuellement, nous nous apprêtons à procéder au dénombrement des ménages. Parce qu’il faut un recensement des ménages pour qu’on puisse s’assurer que toute personne recensée aura une moustiquaire. Ce recensement va débuter en août et va durer six jours. Au cours de celui-ci, des bons seront remis aux chefs de ménage qui vont se présenter plus tard avec ces bons au niveau des sites de distribution pour le retrait des moustiquaires. Nous comptons mettre en place 900 sites de distribution pour rendre la distribution plus fluide et permettre aux populations d’aller chercher aisément leurs moustiquaires.

Combien de moustiquaires sont attendues au total ?

Le nombre de moustiquaires attendu est de 8 101 134 dont près de 900 000 pour la région du Centre. Pour le partage, nous sommes partis du principe qu’il faut une moustiquaire pour 2 personnes. Les moustiquaires de la région du Centre seront livrées par la société suisse Vestergaard Frandsen. Elles sont de marque Permanet. Le coût global des 8 millions de moustiquaires s’élève à près de 22 642 669 530 de F CFA et près de 2 620 577 007 coût opérationnel. Après la distribution de ces moustiquaires, nous allons suivre leur utilisation. Parce qu’il faut s’assurer que les gens les utilisent. Nous allons aussi gérer la question des emballages qui constituent des déchets qu’il faut incinérer pour éviter certaines pollutions.

Quand aura lieu la distribution des moustiquaires imprégnées ?


Les moustiquaires arrivent en début septembre et dès qu’elles seront là, nous allons procéder à leur distribution au cours du même mois.

Pourquoi n’a-t-on pas commencé plus tôt la distribution des moustiquaires quand on sait que c’est en juillet- août que le paludisme se fait le plus sentir ?

Il faut dire que la mobilisation des 8 millions de moustiquaires sur le plan international n’est pas chose aisée. C’est vrai qu’il y a des firmes qui sont agréées mais nous sommes obligés de nous soumettre aux délais de fabrication, aux formalités liées à leur production et aux procédures d’acquisition des biens et services de l’Etat. Il nous fallait aussi tenir compte de la disponibilité des partenaires financiers ainsi que des autorités dont le chef du gouvernement qui a procédé au lancement de la campagne. Nous comprenons l’impatience des populations mais nous les rassurons que nous faisons tout pour que les délais de livraison soient respectés.

Est-ce qu’il y a des dispositions qui sont prises pour éviter que des réseaux ne s’emparent des moustiquaires pour en faire un fonds de commerce ?

Vu l’organisation qui est mise en place, je pense qu’il n’y a pas de risque dans ce sens. Il y a un comité ministériel d’organisation de la distribution des MILDA qui a été mis en place. Un comité d’organisation de la campagne est aussi mis sur pied aux niveaux régional et provincial. Dans ces comités, la société civile, les partenaires financiers et les acteurs du monde communautaire et associatif sont représentés. Tout cela est fait dans un souci de transparence et de rigueur dans l’activité. Je puis vous assurer que tout le dispositif qui est mis en place a pour finalité, le bon déroulement de la campagne pour que chaque bénéficiaire puisse entrer en possession de sa moustiquaire en bonne et due forme.

Est-ce qu’il y a des centres et en nombre suffisant au Burkina où l’on peut faire l’imprégnation des moustiquaires ?

C’est le coordonnateur national de lutte contre le paludisme qui est mieux indiqué pour répondre à cette question. Mais je peux vous dire qu’il y a un certain nombre d’intrants qui sont utilisés pour l’imprégnation des moustiquaires. Mais la tendance actuelle est l’utilisation des moustiquaires à longue durée d’action environ 4 à 5 ans. Il s’agit des MILDA. Parce qu’en terme d’efficacité, on préfère utiliser les MILDA que de faire recours à l’imprégnation.

Avez-vous un mot en guise de conclusion ?


Je profite rassurer les populations que les moustiquaires vont bel et bien arriver. Je leur demande de se mobiliser pour faciliter le travail aussi bien au niveau du recensement qu’au niveau de la phase de distribution. Avec les 900 sites que nous allons mettre en place, les responsables des ménages ne vont pas attendre longtemps avant d’être servis. Il ne sera pas possible pour un chef de famille d’aller de site en site à la recherche de sa moustiquaire car sur chaque bon, le nom du site ainsi que celui du chef de ménage sont inscrits. Des rumeurs font d’état de vente de moustiquaires en ville. Mais nous rassurons les populations qu’il n’en est rien. Les moustiquaires de la campagne ne sont pas encore arrivées et la campagne n’a donc pas encore commencé. Dès que les moustiquaires vont arriver, nous aurons 4 jours pour les distribuer. Nous implorons la compréhension des populations car nous avons un défi à relever et nous voulons que la campagne soit un succès pour le bien de tous.

Propos recueillis par Dabadi ZOUMBARA

Le Pays

 
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