INTERVENTIONS CHIRURGICALES A YALGADO : Enfin, les anesthésiques sont là ! PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 24 Juin 2010 07:32
Dr. Lansandé BangagnéL’hôpital Yalgado Ouédraogo avait suspendu la plupart des interventions chirurgicales (excepté les urgences) à cause du manque de produits anesthésiques. Pour en savoir davantage, nous avons rencontré son premier responsable, le Dr. Lansandé Bangagné. Pour lui, l’hôpital Yalgado a joué la prudence parce que son stock de stupéfiants était très bas en attendant la commande du ministère de la Santé.
 Celle-ci est effective Mais, il s’interroge sur le circuit que les cliniques privées utilisent pour avoir ces produits alors que la plupart d’entre elles n’ont pas l’autorisation d’en faire la commande.

"Le Pays" : Pouvez nous dire exactement comment l’hôpital Yalgado Ouédraogo en est arrivé à manquer de produits anesthésiques réduisant ainsi la fréquence des interventions dans plusieurs services ?

Lansandé Bagagné
: Il n’y a pas eu de manque d‘ anesthésiques qu’on appelle dans notre jargon médical des stupéfiants. Mais le niveau du stock avait atteint un seuil d’alerte si bien qu’on avait observé une certaine prudence en attendant que la commande du ministère de la Santé, à travers la direction générale de la pharmacie et des laboratoires puisse entrer en possession de ces produits. Ces molécules ne sont pas des produits ordinaires que n’importe qui peut commander. Elles sont spéciales : leur contrôle est très rigoureux et leur commande est centralisée au niveau du ministère de la Santé. Le circuit est très long, ce qui fait que la commande prend du temps avant d’arriver aux bénéficiaires.

L’hôpital Yalgado étant le carrefour de tout, la consommation de ces produits a connu un pic si bien que le niveau du stock a chuté. C’est pourquoi, nous avons décidé par prudence de ne plus prendre tous les cas d’intervention et de réserver notre stock d’anesthésiques pour les urgences. Fort heureusement, l’Armée nous est venue au secours, il y a environ 3 semaines en mettant à notre disposition une certaine quantité de stupéfiants. Quand nous avons eu ce stock, nous avons levé la mesure en demandant aux différents blocs opératoires de reprendre leur programme normal (et les programmes et les urgences). A l’heure d’aujourd’hui, la commande du ministère est rentrée la semaine dernière (NDLR, l’interview a été réalisée le mardi 15 juin dernier) et nous avons eu notre dotation.

Pendant que l’hôpital Yalgado ne pouvait assurer que les urgences, les cliniques privées disposaient d’anesthésiques pour continuer les interventions. Comment peut-on expliquer cette situation ?

Je vous ai dit tout à l’heure que ces stupéfiants étaient des molécules spécifiques que seul le ministère de la Santé est autorisé à commander. Les privés ne font pas de commande. Comment se fait-il qu’ils aient ces molécules ? C’est là la question.

N’avez-vous pas cherché à savoir comment ils se procurent ces molécules ?

Ecoutez, Il y a quelque chose que vous ne commandez pas. Et c’est moi qui le fais. Vous êtes tout le temps avec moi et vous trouvez le moyen d’avoir ce produit-là. Les cliniques privées ne commandent pas de stupéfiants. Comment elles font pour en avoir ? Je ne saurais vous répondre. Tout ce que je peux vous dire, c’est que les mêmes acteurs qui sont à l’hôpital Yalgado, sont aussi dans les cliniques privées. S’ils ne commandent pas ces produits, alors qu’ils les manipulent chez nous et dans les CMA, alors on se pose la question de savoir si les stocks des structures publiques n’alimentent pas les cliniques privées. Cette situation doit être éclaircie et les responsabilités doivent être situées.

Qu’est-ce qui est fait dans ce sens au niveau du ministère de la Santé ?

La réflexion est en cours pour mettre un peu d’ordre dans la gestion des structures privées afin que la collaboration avec les structures publiques soit des plus saines. Si cela aboutit, nous pensons qu’il y aura plus de transparence de part et d’autre.

Pour en revenir aux personnels, comment se fait-il que des praticiens appartenant à des structures publiques soient propriétaires de cliniques privées ?

Si les intéressés ont des autorisations d’ouverture de leur clinique, on ne peut pas leur en vouloir. Maintenant, si le comportement de ces derniers empiète sur le fonctionnement des structures publiques au profit du privé dont ils ont la charge, il faut revoir la copie.

Un mot pour terminer ?

Il y a toujours des variables aléatoires qui interviennent dans la gestion des stocks et qui mettent à rude épreuve les structures. Il faut seulement travailler à limiter les risques. C’est ce que nous avons fait à l’hôpital Yalgado en prenant des mesures préventives pour qu’au moins les cas d’urgence soient pris en charge. Mais nous pensons que la leçon a été tirée et qu’à l’avenir, nous travaillerons de manière à éviter une telle situation. Je voudrais remercier le service de santé des Armées pour son appui qui a permis à nos services chirurgicaux de reprendre leurs activités normales avant l’arrivée de la commande du ministère de la Santé.

Propos recueillis par Dayang-ne-Wendé P. SILGA

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