CONSOMMATION : S.O.S, on nous empoisonne ! PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 08 Juin 2010 08:22

Unités de production qui ne respectent aucune norme en matière de santéLa Ligue des consommateurs du Burkina, section du Houet, a décidé de briser le silence. Elle a découvert, suite à plusieurs investigations, qu’il y a des huiles très dangereuses sur le marché. Ces huiles, fabriquées par des unités de production qui ne respectent aucune norme en matière de santé, contiennent du gossypol, une substance « très dangereuse et hautement toxique pour les espèces animales, notamment pour l’homme ».

Le rapport de la Ligue est clair : « Le gossypol n’est autre chose qu’un poison ; car le facteur nocif sur l’homme peut s’avérer fatal pour sa vie ». Le ministre de la Santé et celui du Commerce sont au courant, depuis longtemps, de la gravité du problème. Mais ils semblent tous plongés dans un silence complice.

Mesdames, faites attention à l’huile de cuisine que vous achetez ! Certaines sont de mauvaise qualité. Elles contiennent du gossypol. D’ailleurs, à ce sujet, le rapport de la Ligue des consommateurs ne va pas avec le dos de la cuiller : « Suite à de nombreuses investigations (…) sur la consommation de l’huile de cuisine, il s’est avéré que les Burkinabè sont exposés à un énorme danger. Il existe une présence très vigoureuse du gossypol dans les huiles de consommation humaines au Burkina. Au-delà des conditions hygiéniques, sanitaires et de sécurité macabres qui entourent beaucoup d’unités de production, véritables dangers pour nos populations, le gossypol n’est autre chose qu’un poison, car le facteur nocif sur l’homme peut s’avérer fatal pour sa vie ».

Comment comprendre alors le silence des autorités face à un tel constat ? Certes, à un certain moment, des unités de production artisanale ont été fermées. Mais quelques mois après, ces mêmes unités, pourtant jugées dangereuses, ont rouvert sans respecter les normes requises. Pire, d’autres unités de ce type ont été créées par la suite, « au vu et au su des autorités ». Les structures de contrôle des produits de grande consommation le savent, mais elles semblent, elles aussi, inactives. Abandonnant ainsi les consommateurs à leur propre sort. Selon la Ligue, « le gossypol peut provoquer chez l’Homme, la stérilité, l’interruption de grossesse, des problèmes gastriques, des problèmes cardio-vasculaires, le cancer… » Et même entraîner la mort.

Certaines unités de production usent de stratégies diverses, souvent malsaines, pour s’implanter sur le marché. Voici, à ce sujet, le constat de la Ligue : « Sous prétexte de produire de l’huile brute destinée à la fabrication du savon ou de l’huile neutre, des opérateurs économiques de ce pays se font établir des agréments, sans pourtant avoir les équipements techniques adéquats ; ils inondent le marché avec toutes sortes d’huiles frelatées, exposant ainsi dangereusement la vie des populations aux nombreux risques liés aux facteurs anti-nutritionnels et très nocifs du gossypol.

Malheureusement, ce sont ces huiles frelatées, impropres à la consommation humaine et animale, qui constituent la principale source d’huile de cuisson pour la majeure partie de la population burkinabè ». La plupart des opérateurs économiques qui produisent ces huiles sont conscients du danger. Mais comme personne ne dit rien, ils continuent d’empoisonner les consommateurs, engrangeant ainsi de colossales sommes d’argent. « C’est une activité très lucrative », affirme-t-on à Bobo, la capitale économique.

Les études techniques réalisées, à propos de la production d’huile alimentaire, sont formelles : « Pour que l’huile produite à base de coton soit sans aucun risque et propre à la consommation, il faut disposer d’une chaîne complète de raffinage dont le système d’extraction du gossypol. Mais seule une petite poignée d’unités en possède à ce jour dans notre pays ».

Certaines unités industrielles, par contre, respectent scrupuleusement les normes en matière de santé publique. Le contrôle qualité y est de mise. La SN-CITEC, par exemple, est une référence en la matière. Mais ces unités industrielles exemplaires sont mises à rude épreuve, du fait de la concurrence déloyale, de la fraude et de la contrefaçon. La Ligue qualifie cela « d’activités criminelles » exercées par les autres unités qui sont, pour la plupart, artisanales ». Elle ne comprend pas pourquoi les autorités sont si silencieuses face à un problème de santé aussi grave : « C’est du poison que toutes les autres unités produisent pour notre population, et cela, au vu et au su des autorités, censées pourtant garantir la sécurité des citoyens.

Nous croyons que le développement tant prôné par nos gouvernants n’aura de sens que si, au-delà des simples discours et des émotions souvent observées quand il se passe un drame, ils se donnent les moyens véritables de garantir la santé et la sécurité des populations ». Les autorités vont-elles laisser le gossypol tuer, à petit feu, les consommateurs ? Ou vont-elles enfin réagir de façon vigoureuse ? Elles savent où se trouvent les unités de production dangereuses. Et elles connaissent aussi les opérateurs économiques qui gèrent ces unités. Pourquoi traînent-elles alors les pas ? Mystère et boule de gomme.

Par Hervé D’AFRICK

Le Reporter

 
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