Accès au traitement antirétroviral:la gratuité comme solution au Burkina Faso PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 01 Juillet 2008 19:14

La prise en charge médicale par les antirétroviraux (ARV) améliore la qualité de la vie des personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Toutefois, leur accès peut poser problème. Les rendre gratuits au Burkina Faso sera une grande avancée dans la lutte. Telle est l’une des conclusions du symposium tenu à Ouagadougou, les 24 et 25 juin 2008. A partir des résultats de recherches et des expériences, un symposium tenu à Ouagadougou les 24 et 25 juin 2008, a permis, sur la base d’observations faites au Burkina Faso et dans d’autres pays de la sous-région, d’identifier des recommandations concernant l’accès au traitement de l’infection à VIH.

“Il faut assurer la gratuité des antirétroviraux (ARV) pour tous les patients”, a noté avec force le directeur de l’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS), Pr Blaise Sondo, institut organisateur du présent symposium. Pour lui, cette décision du politique aura l’avantage de donner un grand coup de fouet à la lutte contre le Sida au Burkina Faso. Le Pr Sondo se justifie par le fait que cette gratuité va mettre les PVVIH en sécurité, les rassurer dans le traitement et par conséquent, améliorer l’observance. Ainsi, avec l’amélioration de l’observance, elles seront à l’abri des résistances qui vont conduire au traitement de 2e et même de 3e ligne. Il faut reconnaître que depuis la déclaration officielle des 10 premiers cas de Sida en 1986 par le Burkina Faso, les acteurs de la lutte contre le Sida, notamment l’Etat, n’ont cessé de faire chaque jour, un peu plus et gagner des “batailles”. En effet, d’un taux de prévalence de 7,17% en 1997 concernant les adultes de 15 à 49 ans, ils sont arrivés à le baisser, à 2% actuellement. La prévention et la prise ne charge globale y sont pour quelque chose dans ce succès. Sur les 150 000 personnes vivant avec le VIH (PVVIH), 43 000 sont dans le besoin d’un traitement antirétroviral parmi lesquelles 17 263 PVVIH en bénéficiaient en fin décembre 2007, selon les statistiques du Comité ministériel de lutte contre le Sida du ministère de la Santé (CMLS-Santé). Et le symposium d’indiquer que l’initiative burkinabè d’accès aux ARV a permis de rendre le traitement accessible à une échelle très large, grâce notamment à une stratégie de disponibilisation et à l’implication des acteurs public, associatif, non-gouvernemental, communautaire, confessionnel et privé. Cet effort national a bénéficié de l’appui d’instances internationales sur les plans technique et financier et en matière de recherche.

Des difficultés économiques des patients sous traitement ARV (TARV)

Malgré le fait que l’Etat burkinabè ait ramené la contribution des PVVIH de 5000 F à 1500 F CFA à partir du 1er décembre 2007, des difficultés économiques subsistent pour ces patients. L’accès au traitement représente un coût pour les patients. Il est la somme des coûts directs (examens biologiques et parachimiques, antirétroviraux, traitement des infections opportunistes et des pathologies secondaires, hospitalisation), des coûts connexes (transport) et des coûts indirects (perte de revenus pendant le temps consacré aux soins). On voit bien que les tarifs des traitements ARV, bien que réduits par subventionnement, ne peuvent être supportés par 80% des patients qui relèvent actuellement soit de la catégorisation “indigents”, soit des mesures d’exemption. En tout état de cause, la contribution des ONG, des associations et l’utilisation des critères d’indigence permettent actuellement à la plupart des patients qui ont besoin d’un traitement ARV de l’obtenir gratuitement. “La gratuité n’est pas déclarée au Burkina Faso, mais elle est de fait parce que c’est un patient sur 5 qui paie le traitement subventionné de 1500 F CFA, c’est moins d’un patient sur 100 qui le paie au prix coûtant, c’est près de 80% de patients qui en ont besoin qui bénéficient d’une gratuité”, souligne Pr Sondo. D’où vient cette gratuité, s’est-il interrogé ? Et de répondre qu’elle est supportée en grande partie par les instances internationales, les entreprises et le budget de l’Etat. C’est pourquoi le symposium est parvenu à suggérer que l’Etat burkinabè déclare la gratuité pure et simple de l’accès au traitement par les ARV. Pour cela, la prise en charge globale, constituant un paquet, doit comprendre les coûts du dépistage, du suivi biologique et para-chimique, des TARV, des hospitalisations, des traitements des infections opportunistes, des substituts du lait maternel dans le cadre du programme de la prévention de la transmission mère-enfant du VIH. Aussi, une aide au transport et d’autres appuis économiques ainsi que le soutien psychologique, l’aide juridique, l’aide alimentaire et divers autres types d’aides doivent être apportées lorsque nécessaires dans le cadre des mesures complémentaires. Aussi, la collaboration entre organisations et services de soins des secteurs public, communautaire, confessionnel, non-gouvernemental et privé, doit être renforcée pour que la prise en charge globale puisse être assurée de manière accessible pour tous les patients. Enfin, un dispositif de suivi et d’évaluation doit être mis en place, éventuellement complété par des recherches poncturelles, concernant les difficultés économiques des patients pour l’accès aux traitements, en particulier en zone rurale et auprès des populations vulnérables.

Charles OUEDRAOGO

Sidwaya

 
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